Losonnante devant le château de Bonaguil

La médiation sonore en extérieur

L’écoute du son en extérieur se confronte à plusieurs problématiques difficilement solvables avec les solutions d’écoute habituelles.

En effet, les casques en extérieur ont quant à eux une durée de vie très limitée, puisqu’ils sont régulièrement arrachés, endommagés ou souillés. Considérons en postulat d’éliminer d’emblée cette non-solution.

Le haut-parleur quant à lui diffuse des sons soumis à des paramètres liés à l’environnement et le son sera diffusé dans l’espace, ce qui pourrait déranger ponctuellement et potentiellement la faune, les riverains ou les personnes alentours, surtout si le son consiste en une boucle répétée plusieurs heures consécutivement.

 

Le défi de l’écoute du son en extérieur dans le cadre de la valorisation du patrimoine est alors conséquent et seule une solution innovante qui dépasse les contraintes connues peut s’avérer être une solution stable et permanente. Losonnante, en utilisant le concept original de la conduction osseuse présente à cet égard bien des avantages et permet notamment de relever ces défis expliqués dans cet article.

Les défis de l’écoute sonore en extérieur

  • Amortissement par l’air

Au cours de sa propagation dans l’air, l’onde sonore perd une fraction constante de son énergie par unité de distance (elle est convertie en chaleur). L’absorption par l’air est influencée par la température ainsi que l’humidité et dépend fortement de la fréquence. Les hautes fréquences sont significativement plus atténuées. A grande distance on n’entend plus que les basses fréquences émises par les sources acoustiques.

  • Conditions météorologiques

La direction du vent et la stratification verticale de la température dans les couches d’air proches du sol provoquent, par effets de réfraction, des courbures qui  atténuent » la propagation du son.

  • Effet de sol

Dans de nombreux cas la propagation du son a lieu à proximité du sol. Une réflexion notable du sol se superpose alors au son direct. Ceci conduit, selon le déphasage temporel entre son direct et son réfléchi.

  • Végétation

Le bruit généré par les froissements et le bruissements des plantes, feuilles et arbres « polluent » l’écoute, la rendant même quelquefois impossible.

La proposition de Losonnante

Le dispositif Losonnante n’utilise pas la diffusion des sons dans l’air. Le son est directement capté par les coudes, apposés à l’appareil. Puis les vibrations sonore voyagent des coudes aux avant-bras, et jusqu’au mains que l’on vient mettre sur les oreilles, pour former un casque.

Ainsi, il est possible de s’affranchir du vent, de la température de l’air, du bruit environnant et des diverses réflexions du sol. De plus, le dispositif est silencieux pour les personnes autour, ce qui permet à des endroits de respecter la quiétude, qui constitue parfois l’attrait même des sites naturelles.

Quelques idées en vrac de médiation culturelle sonore ou de valorisation du patrimoine

 

  • Brame du cerf

Certains château ou domaines possèdent de vastes jardins qui bordent des bois ou des forêts. La faune dans ces espaces est bien présente et il est possible à l’automne, vers la tombée de la nuit d’entendre le brâme du cerf. Entendre ce bruit est un privilège. Il est nécessaire d’être présent au bon moment, au bon endroit, tout en respectant un niveau de silence propice à la mise en action des cervidés. Le château de Chambord propose d’ailleurs des aires d’observation : https://www.chambord.org/fr/agenda/brame-du-cerf/

 

 

On pourrait imaginer une borne Losonnante permettant d’entendre ce brâme lorsqu’il n’est pas possible de l’entendre directement, pour agrémenter la visite.

 

Une invitation sur une rambarde de pont serait une telle pause, un arrêt, une façon de percevoir le monde de façon différente. « […]comme l’Espérance est violente »

  • Rambarde de pont

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine… », ce célèbre poème de Guillaume Apollinaire est une véritable invitation à la méditation, à la réflexion sur le temps, l’amour passé, les souvenirs qui s’effacent.

Bref, vous connaissez bien la chanson. Pourtant, combien de personnes marchent sur des ponts piétonnisés sans pour autant prendre un instant et considérer l’eau qui coule calmement.

  • Souche d’arbre

La souche étant le restant d’un arbre abattu, ce qui veut dire la partie basse de son tronc, il est possible d’aménager un espace qui accueillerait le boitier Losonnante, qui serait de plus à hauteur pour y poser les coudes. Une proposition de changer de dimension, d’aller vers l’infiniment petit, d’entendre des bruits qu’il est impossible d’entendre à l’oreille : celui du fourmillement et du grouillement des milliers d’insectes toujours présents dans cette souche.

Prendre conscience ainsi de sa place dans l’espace….

 

Imaginez maintenant que ce rocher se réveille, se mette à parler et à raconter son histoire ! Cette illusion est possible en intégrant Losonnante dans un rocher à la bonne hauteur.

  • Strates géologiques d’un rocher

Rappelez-vous des sorties scolaires en géologie où il était possible de voir dans les strates des roches des fossiles sous-marins. La question du professeur était systématiquement : « Comment est-ce possible d’observer des éléments marins dans un rocher en pleine montagne dans les Alpes ? ».

  • Les fontaines en musique classique

Un grand classique justement du château de Versailles : https://www.chateauversailles-spectacles.fr/programmation/les-grandes-eaux-musicales_e2123 qui propose chaque saison un spectacle « Les Grandes Eaux Musicales ». Les fontaines multiplient les effets. De métal, de marbre, les dieux, les humains, les animaux semblent s’animer quelques instants pour notre plus grand plaisir. Lorsque les eaux jouent, c’est à un ballet que vous assistez. Les plus grands compositeurs baroques, de Lully à Charpentier ou Rameau, accompagneront votre flânerie royale en musique.

 

Une borne Losonnante en face de ces merveilleuses fontaines, et le tour est joué pour écouter même en hiver, ou les jours où le spectacle n’a pas lieu. Et bien sûr, il n’y a pas qu’à Versailles qu’il a des fontaines !

  • Belvédère

A chaque belvédère, il a quelques années, était présent une longue vue qu’il fallait alimenter avec des pièces de monnaie. Puis est venu le temps des schémas panoramiques. Beaucoup d’éléments sur le visuel, mais quid des sonorités ? Entendre le bruit de la ville ou de vallée en contrebas, de la faune vivant dans ces lieux, ou celui d’un glacier se mouvant au loin ajoute une dimension rarement exploitée par les gestionnaires de site.

  • Balade sonore

Un sentier agréable. L’odeur des fleurs, un paysage qui s’éveille….Une promenade à étape en famille. Un sentier à thème. Un parcours ludique. La collectivité territoriale a vraiment bien fait les choses pour valoriser son patrimoine naturel. L’agence de scénographie Luth Mediations : https://www.luthmediations.com/parcours-inedits propose ce genre d’expérience atypique. Il pourrait même y avoir des étapes sonores mais silencieuse pour les autres. Et pourquoi pas avec Losonnante ?

Il est donc possible et envisageable de réaliser de la médiation et de la valorisation du patrimoine par le son. Les châteaux, les collectivités territoriales, sous toutes leurs formes : communauté de communes, géoparcs, parc naturel régional, réserve naturelle ont une solution. Nous somme ravis des échanges entamés avec eux et nous les encourageons à poursuivre dans cette voie innovante et différentiante.